Au bord du sommeil, mon cerveau me hante. Des idées défilent dans ma tête et je ne sais pas comment les arrêter. Je repense à toutes les convictions que je croyais avoir. Je replonge dans cette angoisse qui me prend aux trippes chaque fois que je suis confrontée au sentiment de ne plus savoir qui je suis, qui je désire devenir.
Mon blog fut le théâtre de mes drames relationnels, de l'exhubérante fierté que je déployais à travers ses billets délicieusement abhérants. À travers le récit de mes aventures, je vous ai diverti, certes, mais à quel prix? Au prix de ne plus faire la distinction entre ce qui est du réel et du refuge qu'est la fiction.
Pour celles qui me connaissent vraiment, vous savez que mon blog n'est qu'une mascarade, qu'une façon bien exhibitionniste de satisfaire mon égo en me valorisant à travers le drama, la séduction et les défis relevés. Jusqu'à tout récemment, je ne le voyais pas comme tel. Je préfèrais persister à le voir comme un espace de libre expression, où j'y défendais, avec prétention d'honnêté, ce en quoi je crois.
Mais tout ça n'est qu'illusion.
En réalité, mon blog est plutôt le dernier bastion du masque que je me suis forgé, au fil des années. Alors qu'à nue, je me sentais minable, sans la moindre valeur et indigne de l'intérêt des autres... Mon masque d'envoûtante séductrice m'a sauvé : C'est à travers lui que j'ai séduite les plus inaccessibles, que je me suis prouvée à moi-même que je devais bien valoir quelque chose si je parvenais à ne plus être seule et si bien accompagnée... C'est à travers mes histoires rocambolesques que j'ai animé des conversations de party, que j'ai fait rire les gens, que je me suis sentie appréciée, aimée. C'est avec le sentiment de confiance que me donnait cette carapace que j'ai eu l'arrogance d'ouvrir ce blog, avec la ferme conviction que je pouvais vous divertir, que vous voudriez bien me lire.
J'ai blessé plusieurs personnes afin de satisfaire ce besoin insatiable de me valoriser à travers la séduction. J'ai été jusqu'au point où je me suis dégoûté. Malgré tout, ce côté sombre de moi m'appelle sans cesse, comme le chant d'une sirène. Ce même désir de séduire, de jouer avec une flamme que je ne connais que trop bien. Ce vieux refuge qui me réconforte lorsque je me sens vulnérable, insécure, indigne...
Ma façade a sournoisement pris le dessus et je ne sais plus où est la ligne entre qui je suis vraiment et qui je me plairais d'être. J'ai l'impression d'être sans repère, ne sachant plus comment m'aimer autrement que par le poison doux-amer de la séduction. Je vogue, j'ère au gré de ma vie, ne sachant pas à quoi m'accrocher pour m'apaiser. Parce qu'au fond de moi, il n'existe que des monstres qui me grugent, qui me font voir le monde comme un univers menaçant, qui me soufflent à l'oreille que je ne mérite pas d'être heureuse. Et, alors que je me bats pour conserver la tête hors de l'eau, mes vieux démons m'attendent à bras ouverts sur la rive, me promettant la délicieuse euphorie qui me donnerait l'impression d'être invincible.
3 commentaires:
Merci d'avoir écrit ça .. Je me suis reconnu a travers toi ... Je t'aime et je m'ennui ! Ton bon vieux Sim xxx <3
WOW cest super beau ce que tu a ecrie javoue que je me suis retrouver la dedans un peut moi aussi...Je savais pas non plus que tu ecrivait comme ca et je te dirait que ca ma fait du bien lire ca.. n e way je taime fort grande soeur xoxo
C'est beaucoup mieux...
J.
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