jeudi 10 novembre 2011

Ça arrive juste aux autres


On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres : les tragédies du quotidien.

Et lorsqu’elles nous frôlent, qu’indirectement elles viennent chambouler nos vies en touchant les êtres qui nous sont chers, il est impossible de ne pas se sentir menacé.

Parce qu’on a la chienne que la mort surgisse trop vite, on autopsie nos relations pour voir si on a suffisamment démontré d’affection à nos proches. (ndlr : Habituellement, le décès prématuré de quelqu’un provoque une manifestation importante d’amour. Un peu comme quand mon ami Daniel est saoul…). Sinon, on essaie d’imaginer la mort de notre Top 3 de personnes qu’on aime et ça nous frappe dans le ventre parce qu'on n’est pas prêt à les voir partir, pour de bon.

Heureusement, la mort a quelque chose de prévisible : elle est inévitable. Mais elle reste, pour moi, l’équivalent du Loup face à la maison de paille du 1er cochon : une tornade. 
Et, dans la vie, quand je vis une tornade, je me rabats sur ma zone de confort : la job. Je suis weird de même. Je trippe sur ma job, je m’y sens bien, parfois même en sécurité. C’est justement ça, le problème. Je travaille dans une prison. Quand on commence, on nous raconte des histoires vieilles de 10 ans : des prises d’otage, des tentatives d’évasion. Mais, quand on est dans les murs, on oublie le danger, la nécessité d’être vigilante.On se développe une certaine aise, une routine. On pense qu’on n’a rien à craindre. Tu te dis que ça t'arriveras pas, à toi.

Mais quand tu vois ta parts, la fille avec qui tu passes plus de temps éveillée qu'avec ta blonde, recevoir LE coup de téléphone qui veut dire qu'il est arrivé quelque chose à son chum, que tu vois ta boss arriver presqu'en courant malgré ses "fuck-me boots" (ndlr : quand je parlais d'oublier le danger...) et que tu comprends qu'il se passe quelque chose, ta zone de confort implose.

Tu réalises soudainement que les autres à qui ça arrivent, ces tragédies là, ils sont pas si loin de toi : tu connais leur chum/blonde, leurs familles, leurs rêves et leurs folies de jeunesse. Ils sont tellement proches que tu peux les prendre dans tes bras pour les consoler. Et, alors qu'un paquet de trucs idiots te passe par la tête, la seule chose que tu peux vraiment faire c'est fermer ta gueule, ravaler ton sentiment d'être impuissant et serrer ton étreinte un peu plus fort. Et appeler les personnes de ton Top 3 pour leur dire "je t'aime".


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